Sensibiliser et détecter les projets potentiels
Une première phase d’évaluation et de criblage réalisée entre 2006 et 2007 a permis de détecter une trentaine de projets potentiels et d’en expertiser une quinzaine. Entre 2006 et 2009, plus de 150 entreprises ont ainsi été ensibilisées et visitées. Une quarantaine de projets sont en cours à ce jour, d’autres sont en attente. “Notre démarche est bidirectionnelle, explique Thierry Payot, Chargé de Mission Bioproduits. Soit nous partons du besoin d’une entreprise et nous cherchons à identifier des ressources agricoles locales susceptibles de répondre à sa problématique, soit nous partons d’un produit agricole dont nous tentons de déterminer, par le biais de la recherche, le potentiel d’utilisation, pour ensuite aller trouver des ébouchésindustriels”.
Rassembler et mettre en relation
Afin de favoriser les échanges entre porteurs de projet, un Club Bioproduits a été mis en place en janvier
2009. Il compte aujourd’hui 28 adhérents et regroupe des entreprises industrielles de toute taille, des coopératives agricoles, des agriculteurs et même quelques artisans. Une communauté dédiée à cette thématique a été créée sur la plateforme Proforum des CCI de la région Centre (http://bioproduits.proforum.fr). Enfin, le 7 octobre dernier, le forum Bioproduits a réuni 120 participants venus prendre connaissance du potentiel de l’Eure-et-Loir et assister à la présentation de réalisations et de projets concrets.
Accompagner les porteurs de projets
Les compétences complémentaires des trois Ingénieurs permettent d’accompagner les projets d’un bout à l’autre. “Nous n’hésitons pas à solliciter l’avis d’autres conseillers (environnement, innovation, marketing) en cas de besoin, confie Thierry Payot. Nous ne sommes pas uniquement les initiateurs des projets, mais nous les suivons vraiment de l’intérieur. Cela consiste à mettre en relation les bonnes personnes au bon moment, à expertiser techniquement les dossiers, à élaborer les demandes de financement… Nous sommes un peu l’aiguillon qui fait avancer le projet”.
…et maintenant ?
“Il faut continuer à accompagner les projets et à mobiliser les financements nécessaires à leur développement. Mais nous devons aussi aider les entreprises à acquérir en interne les compétences qui leur permettront de voler de leurs propres ailes”, souligne Amandine Mahieux, Chargée de Mission Bioproduits à la CCI. Des relations ont été établies avec l’école d’ingénieurs en agriculture Lasalle Beauvais pour l’accueil de stagiaires, et un partenariat pour une licence professionnelle est en cours d’élaboration avec l’université d’Evry Val d’Essonne.
“Le comité d’évaluation des universités a confirmé la pertinence du projet, et nous attendons maintenant l’aval du Ministère, en vue d’une première promotion à la rentrée 2011”
Une niche à fort potentiel
2 %, c’est la part de marché actuelle des Bioproduits selon une étude récente de l’Ademe portant sur neuf filières agro- industrielles dans les domaines de l’énergie, de la chimie, et des biomatériaux.
Elle pourrait atteindre 5 à 10% à l’horizon 2010 - 2015, et 30 à 40% en 2040 – 2050.
Trois questions à…
Joël Alexandre, Président de la CCI d’Eure-et-Loir
et Philippe Lirochon, Président de la Chambre d’Agriculture
D.E.: Comment est née l’idée de cette Mission Bioproduits ?
Philippe Lirochon :
Nous avons en Eure-et-Loir une formidable capacité de production de matières premières agricoles. Mais ces ressources quittent le département en l’état et ne sont pas transformées sur place. Il était nécessaire d’offrir aux agriculteurs la capacité de créer de la valeur ajoutée sur leur production pour leur permettre d’en vivre et de trouver de nouveaux débouchés.
Joël Alexandre :
Nous sommes aussi le troisième département industriel de la région Centre, avec beaucoup d’entreprises utilisatrices de matières premières issues de la transformation pétrolière. La raréfaction inéluctable de cette ressource ne peut que les inciter à chercher des produits de substitution. D’où l’idée d’une mission commune maillant les ressources des uns avec les besoins des autres dans un contexte gagnant - gagnant. La recherche est le chaînon manquant entre ces deux mondes. Nous avons commencé par recruter un ingénieur en commun, chargé de détecter les entreprises susceptibles de mener une réflexion sur le sujet, et de les mettre en contact avec les agriculteurs et les laboratoires de recherche.
D.E. : La tâche a-t-elle été facile ?
P. L. : Thierry Payot a fait un formidable travail pour instaurer une vraie relation de confiance avec les industriels très soucieux de la confidentialité de leur projet, et convaincre les agriculteurs d’investir de l’argent et des moyens sans avoir de retour immédiat. La recherche nécessite un peu de temps avant d’aboutir à des résultats concrets. Mais cela commence à venir ! Tant et si bien qu’aujourd’hui, on est un peu victime de notre succès !
J. A. : Nous avons en effet été surpris par l’ampleur prise par la mission, qui a rapidement nécessité l’embauche de deux chargés de mission supplémentaires, un ingénieur chimiste par la CCI et un ingénieur agricole par la Chambre d’Agriculture, pour développer les contacts entre entreprises, agriculteurs et laboratoires, suivre les projets en cours et mobiliser les financements nécessaires. En trois ans d’existence, la Mission Bioproduits a déjà mobilisé 1,3 million d’euros de subventions pour les entreprises, dans le cadre d’appels à projets Valbiom du Conseil Régional du Centre notamment. Par ailleurs, la DRIRE et le Conseil Régional ont été à nos côtés pour sensibiliser le plus grand nombre d’entreprises à cette démarche.
D.E. : Quelles sont les perspectives ?
P. L. : Il faut faire perdurer cette dynamique en mettant en place un véritable pôle de compétence agro-industriel
regroupant un grand nombre de partenaires et capable de susciter des transferts de technologie et de créer de la valeur ajoutée pour tous ses membres.
J. A. : La prochaine étape sera donc la structuration de la mission autour du Club Bioproduits actuel. Celui-ci va évoluer vers une association de type groupement d’entreprises, de manière à disposer de l’organisation et des financements nécessaires à son développement. Nous travaillons également sur la mise en place de formations pour répondre aux besoins des entreprises dans le domaine des agro-ressources. L’enjeu est de taille : il s’agit de faire de notre territoire un pôle d’excellence visible au niveau national et international dans un secteur concurrentiel.
Les bioproduit pour qoui faire?
Les bioproduits peuvent être utilisés :
• comme sources d’énergie (biocarburants et biocombustibles),
• comme matériaux (agromatériaux),
• comme briques élémentaires dans l’élaboration de nouveaux produits (biomolécules).
Dans chacun de ces domaines, des entreprises euréliennes sont déjà fortement impliquées.
Contacts de la Mission Bioproduits :
Aurélie Toutain au 02 37 24 45 36 - a.toutain@eure-et-loir.chambagri.fr
Thierry Payot au 02 37 84 28 35 - tpayot@eureetloir.cci.fr
Amandine Mahieux au 02 37 84 28 55 - amahieux@eureetloir.cci.fr
Les informations fournies par la CCI et la Chambre d’Agriculture d’Eure et Loir
Dynamique d’Entreprendre - décembre 2009
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